fév 012008
 

ColzaAujourd’hui, on parle beaucoup des biocarburants, on peut penser que c’est une solution écologique pour remplacer le pétrole. En 2003, une directive européenne fixe à 5,75% le taux de biocarburant qui devront être incorporé dans l’essence et le gazole d’ici à 2010. En France, on vise un taux de 7%.

Actuellement, la consommation mondiale de pétrole est de 3 800 Mtep (Millions de tonnes d’équivalent pétrole) et la production mondiale de biocarburant est de 20 Mtep, ce qui représente 0,5% de la consommation de pétrole.

Biocarburants: définition et production

Revenons d’abord sur la définition des biocarburants. Il s’agit de combustibles fabriqués à partir de végétaux (le cas le plus courant) ou de graisses animales.

Pour produire les biocarburants, on cultive des végétaux, comme des betteraves à sucre, cannes à sucre, maïs, riz, colza, …, qui seront transformé en carburant

Ces plantes sont cultivé soit sur des champs qui existe déjà, mais qui servait auparavant à la culture vivrière, soit sur des surfaces défrichées pour cette nouvelle culture.

Les conséquences humanitaires et écologiques

Les conséquences déjà visible sont la diminution des surfaces de culture vivrière et le prix des céréales qui augmentent. C’est une catastrophe pour les populations d’Afrique et d’Amérique du Sud. Des émeutes ont déjà éclaté au Mexique, au Maroc, en Mauritanie et au Sénégal à cause de la hausse des prix. Par exemple, la tortilla, qui est la base de l’alimentation des populations pauvres du Mexique, a vu son prix augmenter de 30% en 3 ans. Les risques de pénurie alimentaire touchent déjà un milliard de personnes sur la planète.

Une alerte a été donné à l’ONU, le 26 octobre 2007, par Jean Ziegler, le rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation, qualifiant l’augmentation de la production de biocarburant de « crime contre l’humanité » et de « recette pour le désastre ».

L’expansion des champs destiné aux biocarburants accélère la déforestation, notamment en Indonésie, au Swaziland ou au Brésil. En Indonésie, à Sumatra et à Bornéo, 4 millions d’hectares de forêt ont déjà été remplacé par des champs destiné à la production de biocarburant et 16,5 millions d’hectares de forêt supplémentaires sont destiné à disparaître pour les même raisons. Ces forêts abritent des milliers d’espèces vivantes qui verront leur habitat disparaître, comme les orangs-outans ou les rhinocéros pour ne citer qu’eux.

Il ne faut pas oublier l’augmentation de la pollution de l’eau et de la terre par l’usage de pesticide, d’herbicide, d’engrais, … , et ce sur des surfaces de plus en plus importante, même en France. Car la culture de champs destinés aux biocarburants est une source de revenu supplémentaire pour les agriculteurs qui, dan ce cas, peuvent utiliser les terres qu’ils devaient, auparavant, laisser en friche pour éviter la surproduction.

Les biocarburants ont des conséquences à la fois écologiques par la pollution et la déforestation qu’ils engendrent et des conséquences humanitaires par l’augmentation des prix des céréales et une diminution de la production destiné à l’alimentation. Ces conséquences se font déjà sentir alors que ce type de carburant ne représente que 0,5% de la consommation de pétrole. Les Etats-Unis, l’Union Européenne, le Brésil et la Chine ont prévu de doubler leur production de biocarburant d’ici 2016. Quel sera le coût humain et écologique d’une telle augmentation?

Et maintenant?

Les biocarburants semblent avoir plus d’inconvénients que d’avantages et ne sont probablement pas la solution miracle, comme on a pu l’entendre. On commence à parler de biocarburants de deuxième génération fait à partir de déchets agricoles et qui n’ont pas d’impact sur l’agriculture vivrière, mais qui ne pourront pas assurer la totalité de la consommation de carburant. Il faut sans doute chercher des réponses ailleurs, dans les véhicules électriques, dans la recherche pour des véhicules à hydrogène, à air comprimé, etc… ou dans une combinaison de toutes ses solutions. Mais aussi dans une consommation plus raisonnée de toutes les énergies, car aucune n’est sans impact, sauf une. La seule énergie qui n’a aucun impact quel qu’il soit sur la planète ou ses habitants est celle qui n’est ni produite, ni consommée.

 

Source :
Une partie des informations de cet article proviennent du magazine Ushuaïa n°9 (janvier-février 2008) qui contient une enquête réalisé par Alexandre Garcia (p70-77).

Pour aller plus loin

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